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 Halloween pour le Professeur Grimson

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Stefàn Grimson
Professeur d'Histoire de la Magie
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Messages : 34
Date d'inscription : 11/07/2014
Age : 27
Localisation : juste là

MessageSujet: Halloween pour le Professeur Grimson   Jeu 30 Oct - 21:04

Halloween pour le Pr Grimson.

La journée commençait au mieux pour le professeur Grimson. A sept heure pile on le voyait devant sa tasse de café noir, dans la Grande Salle, premier arrivé et plongé dans un journal au titre légèrement rebutant de Historiographie et Numismatique des civilisations post-babyloniennes. Le quadragénaire était comme à son habitude habillé impeccablement, robe de sorcier brune qui lui seyait parfaitement, soulignant ses épaules carrées et sa silhouette sèche. Ses cheveux noirs coupés courts revenaient légèrement vers l'arrière, révélant des tempes grisonnantes. Loin de s'effrayer de cette preuve du temps passé, Grimson se réjouissait de son allure de plus en plus professorale et professionnelle, l'apparition des rides aidant.

Bref, Grimson était content. Il souriait, même. C'est dès ce moment où, de bon matin, on pouvait soudain discerner cette trace de rare sourire sur ses lèvres, qu'on aurait dû se méfier. Ce jour n'était pas un jour comme les autres. Le 31 octobre était celui d'une tradition fermement ancrée, depuis les années 2000, temps assez reculé déjà mais qu'un professeur d'histoire ne saurait ignorer, d'autant plus que ce fait moldu à l'origine était né d'une crainte pour un univers insoupçonné et pourtant réel, celui des sorciers. Les enfants jettent des sorts, deviennent fantômes et chimères, riant de la peur de l'inconnu.

Oh, non pas que Stefàn Grimson apportât le moindre crédit à ces farces et fanfaronnades bon enfant, vous vous en doutez. Et pourtant.

Après son café, le professeur se leva et se dirigea vers le salle des professeur, vide, et attendit l'heure son cours. Savez-vous ce qu'il fit pour passer le temps ? Il kidnappa un paquet de copies trouvé dans un coin – examen de métamorphose, manifestement – et il plia, un par un, les papiers pour en faire autant d'origamis de formes variées : des bateaux, des grenouilles, des moulins à vent, et même un Don Quichotte pour lutter contre eux. Tout à son affaire, il sursauta quand la porte s'ouvrit pour laisser entrer Mrs D'Aragon.

« Bonjour Monsieur. Vous ne savez pas où est le professeur Yaréar ? Il n'était pas au déjeuner ce matin.»

La directrice, avisant le petit tas de pliages devant l'homme, afficha un air surpris.

« Non, j'ignore où est passé l'animal. » Puis, en guise d'explication à son étrange activité : « Ne vous inquiétez pas, ces copies datent de quelques années déjà ».

La jeune femme n'osa interroger davantage son érudit collègue, se disant sûrement qu'on a tous nos moyens d'évacuer la frustration ; elle haussa les épaules et repartit. Le professeur arriva vite à la fin du paquet, puis il mis en place sa belle structure d'origamis en signant, bien en évidence sur un papier, « Stefàn Grimson », comme pour que nul n'ignorât l'auteur.

En cours, tout se passa normalement, sans déconvenue. Il fit une leçon sur la Rome antique, que les élèves suivirent avec leur habituelle application, et rien ne vint rompre le silence et le calme où s'exprimait la voix grave de l'homme sévère. Mais une oreille attentive pouvait trouver quelque fatigue dans son discours : il semblait y avoir par exemple des mélanges de dates, de contextes, car de toute évidence Napoléon n'était pas contemporain de Cicéron, la révolution industrielle n'était pas initiée par des sénateurs en toges fuchsia, et Cornelius Fudge n'était pas un affranchi grec luttant pour la protection sociale des gladiateurs (notamment concernant les soins dentaires et ophtalmologistes). Bref, mis à part ces détails, somme toute excusables, le professeur Grimson sortit dignement de son cours, raide et impassible, mais ne pouvant s'empêcher de lancer quelques sourires à ses élèves.

La journée se déroula sans entrave. Toujours noble, il envoya quelques hiboux à des collègues, écrivit un article très sérieux pour le magazine d'études historiques contemporaines, arpenta le château depuis le cachot des potions jusqu'à la tour d'Astronomie, se rendit plusieurs fois à son bureau et s'endormit une petite demie-heure dans la bibliothèque.

Néanmoins tout le monde avait remarqué son étrange changement de comportement. On le regardait désormais avec un œil amusé, après l'avoir surpris en train de chanter à tue-tête « Hold the Line », du groupe rock Toto, dans le couloir du troisième étage, ou faisant des croc-en-jambe à certains élèves avec un air fripon, ou encore dévalisant les cuisines en chocolats et jus de citrouille. Oui, il y avait quelque chose de changé chez le strict professeur Stefàn Grimson. Une attitude plus détendue malgré son allure digne, qui faisait qu'on le prenait moins au sérieux bien sûr. On s'étonnait de le voir ainsi tomber le masque, et de trouver derrière un visage jovial. Une journée suffit pour détruire une réputation chèrement acquise, en particulier quand cette réputation fait de nous un être irréprochable. Mais voilà, nous sommes tous faillibles, et Stefàn restait un homme, quoiqu'il en dise.

Il sortit du repas du soir – un fantastique banquet d'Halloween absolument délicieux durant lequel il s'était littéralement éclaté la panse – avec un visage satisfait. En remontant les tables des élèves jusqu'à la sortie, il effectua des petits pas de danse devant les regards effarés et rigolards de tous les habitants de Poudlard. On penserait qu'Abel Yaréar aurait été comblé de voir son collègue se laisser un peu aller ; mais voilà, de toute la journée, le jeune homme avait été nulle part visible.

Stefàn prit la route de ses appartements. Une fois entré chez lui, il posa sur la table le contenu de ses poches : un peigne, une plume, un reste de chocogrenouille, et une fiole presque vide contenant un fond de liquide nacré. Le quadragénaire s'avança alors vers une porte dérobée, qu'il ouvrit ; elle dissimulait une chambre minuscule, avec seulement un bureau, une bougie, une chaise, un lit et un homme assis dessus. L'homme, vêtu d'une chemise froissée et d'un jogging, leva des yeux fatigués mais vifs, lançant des éclairs.

« Vous pouvez sortir » déclara Stefàn.

« Enfin », dit l'autre, s'avançant dans la pièce principale, où il se planta face à son ravisseur.

« Vous vous êtes bien amusé ? » demanda l'homme qui avait passé la journée dans le placard.

« Assez, oui ».

Et, lentement, le sourire de Stefàn devenait plus sincère, plus large, tandis que son nez s'allongeait, que ses cheveux tiraient sur le châtain clair et s'ébouriffaient, que son visage devenait plus fin et plus jeune, et qu'enfin ses yeux perdaient leur couleur noire pour s'éclaircir en un bleu-gris où brillait l'étincelle de joie enfantine. Le véritable Stefàn Grimson poussa un soupir et se saisit de la fiole sur la table.

« Polynectar, bien sûr », murmura-t-il. « Bien joué, Yaréar. L'année ne sera pas suffisante pour rattraper toutes les bêtises que vous avez pu faire avec mon identité en une journée ».

« Joyeux Halloween, Stefàn. »

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